Après 3 mois d'activité et la fin d'année 2018, voici l'occasion de faire un premier bilan du chemin parcouru entre réussites, difficultés et erreurs. Je vous dis tout.

Avec la fin de l’année qui se profile, je clôture mon premier trimestre d’activité en tant qu’indépendant. L’occasion de faire un premier bilan du chemin parcouru : réussites, difficultés, erreurs.

C’est un exercice que je réaliserai probablement tous les trimestres. Et puisque la période est propice aux bonnes résolutions, il est logique d’en profiter pour tracer la feuille de route de l’année 2019.

Dans ce métier ou dans un autre

Donner du sens à un travail

Après cinq ans d’études dans le domaine du graphisme, de la communication visuelle et du Web Design, puis quatre ans à l’exercer auprès d’agences de communication et agences web nantaises, j’ai ressenti la nécessité de trouver davantage de sens à la façon dont je mobilisais mes compétences.

Au beau milieu de ce carrefour professionnel, j’ai dû trancher une question épineuse : poursuivre dans cette voie en ajustant certains critères ou bien envisager une voie radicalement différente ?

Un de mes ancien intervenant m’a dit une phrase lorsque j’étais encore en études, il y a maintenant quelques années : “d’ici quelques années, vous ferez probablement un métier qui n’existe pas encore”.

Cette phrase a eu un gros impact sur la façon de diriger ma carrière professionnelle. Elle m’a toujours poussé à surveiller du coin de l’œil ce fameux matin fatidique où je me lèverai en constatant que ce qui m’attend dans la journée n’a plus aucun sens ou ne m’enrichit plus humainement.

 

Il faut cultiver son jardin
Candide

Cette petite phrase a aussi eu le mérite de me rendre attentif aux dangers d’une sorte de “monoculture” : produire toujours plus (vite) chaque jour jusqu’à épuisement de mes ressources.

 

Après avoir atteint cet état d’épuisement à deux reprises, il convenait donc, après une courte période de “jachère”, de réinterroger ma notion du travail selon des principes plus durables, en entrant dans une sorte de “permaculture professionnelle”.

On commence par quoi ?

Cultiver ma seconde vie professionnelle

Mais encore ? Cette résolution est passée par plusieurs leviers, interrogeant à la fois le temps, l’espace, le sens et la santé.

Faire le tri de son ancienne vie professionnelle

Avant mes 28 ans, déjà deux “burn-outs” à mon actif (et hélas, mon expérience n’est pas un cas isolé). Il était donc urgent de me diriger vers un modèle plus viable, en faisant le tri des éléments constitutifs de ma “première vie professionnelle”.

Alors, qu’est-ce qu’on garde ?

  • Une relation privilégiée avec les gens avec qui j’ai aimé travailler et échanger,
  • une relation client qui me ressemble,
  • la diversité des missions et projets,
  • le goût pour la veille afin de proposer les meilleures réponses à mes clients,
  • la notion d’empathie dans la conception de mes sites et davantage d’UX Design,
  • la liberté de se former et utiliser des technologies auxquelles je crois

Et ensuite, de quoi se débarrasse-t-on ?

  • Du soucis permanent de rentabilité,
  • des projets auxquels on ne croit pas ou on n’adhère pas,
  • “le stress de l’open-space”,
  • le manque de valorisation,
  • d’une image lissée sur les réseaux sociaux

C’était un bon début, mais la route était encore longue.

Première résolution

Ré-apprivoiser le temps

Premier constat : le rythme encaissé semaines après semaines en agences étaient clairement nocif pour moi. Je comparerais ça à la gomme d’un pneu, totalement à plat chaque vendredi soir.

La solution ? Exercer mon activité d’indépendant du lundi au jeudi “uniquement”. Mais alors, qu’en est-il du vendredi ? Il est consacré à autre chose, au gré des aspirations et opportunités : enseignement, bénévolat, humanitaire, me ressourcer, dédier ce temps à mes proches, etc.

En un mot : ne pas mettre “tous mes œufs dans le même panier”. Je tenais donc ma première décision majeure d’entrepreneur et elle allait servir de socle pour le reste, comme une discipline de vie pour établir un bon équilibre entre pro & perso.

Qui veut voyager loin, ménage sa monture
Racine, Les Plaideurs (1668)
Et ensuite ?

Se constituer un environnement sain

Lors de mes expériences précédentes en agence, j’avais pour habitude de systématiquement me constituer un environnement “de confort” : plantes, musique, goodies, “bordel maîtrisé”, processus, habitudes, etc.

Le choix d’exercer au maximum chez moi dans une pièce dédiée et aménagée en fonction de mes besoins et aspirations s’est donc imposé immédiatement. Je voulais une totale liberté sur ce point. Je tenais ma seconde décision majeure.

Dans la foulée, je choisissais d’ouvrir cet espace à mes futurs clients. De fil en aiguille, le ton et l’image professionnelle que je voulais partager avec eux se sont dessinés : une convivialité généreuse et sincère.

Chaque RDV à domicile serait l’occasion de mettre à contribution mon appétence pour la cuisine afin d’en enrichir la relation client autour de bonnes choses à grignoter : du réel, du concret, du tangible et pas uniquement du virtuel…

 

Après quelques semaines, j’ai vite constaté que travailler en permanence chez soi, même dans l’environnement le plus personnalisé, avait une limite : la solitude. Comme les peintres impressionnistes, il fallait donc que je puisse installer mon “chevalet 2.0” en extérieur.

J’ai donc commencé à tester certains cafés propices à pouvoir exercer ponctuellement mon activité, en l’échange de quelques cafés et viennoiseries commandées au comptoir. L’objectif est de me constituer une liste d’endroits accueillants pour pouvoir y travailler sereinement. La bonne nouvelle ? Il existe des tas d’endroits comme cela à Nantes.

Une serre du jardin botanique de Montréal, que j'ai eu la chance de visiter
Et ça a marché ?

Déconvenues & “petites” victoires

Déconvenues ?

J’entends par “déconvenues” les difficultés rencontrées au quotidien, pas encore totalement résolues et qui réclament encore toute mon attention.

Elles existent. Certaines plus importantes que d’autres, bien sûr, et qui prendront plus ou moins de temps avant d’être totalement surpassées au cours de mon aventure. Avant les prochaines …

Une “phobie administrative”

Une phobie récalcitrante face au mille-feuilles de services publics qui jalonnent la vie d’un auto-entrepreneur. Certains vous diront que ce parcours est pourtant un des plus simple, de par la nature de ce statut.

C’est vrai, mais ce n’est pas pour autant un long fleuve tranquille et l’acquisition de l’ensemble des obligations et contraintes inhérentes à ce statut prend beaucoup de temps lorsque l’on veut faire les choses dans les règles, même avec une bonne organisation.

Le doute ”existentiel”

C’était à prévoir : la peur du lendemain et surlendemain revient par vagues, venant parasiter ponctuellement le sommeil.

Cela réclame d’être préparé à l’idée d’une période de “récolte” qui peut prendre un certain temps, en se constituant un “matelas de sécurité“ avant de se reverser le moindre centime pour soi.

Trouver son rythme

C’est un des aspects sur lequel j’avais été copieusement averti : la difficulté de se trouver une discipline quotidienne. 

L’auto-entrepreneur est, et doit rester, son propre moteur. Un rythme qui a mis du temps à s’instaurer tant le besoin de me remettre convenablement de “la fin de ma première vie professionnelle” a été important.

La solution ? Toujours avoir des objectifs.

 

Gérer “la solitude de l’entrepreneur”

Qu’elle soit au quotidien ou face à une difficulté rencontrée, des interrogations qui dépassent mon champ d’expertise, la solitude peut revêtir plusieurs visages.

Il convient d’accepter l’idée d’être “le capitaine de son âme” (Invictus), un capitaine hélas parfois seul dans la tourmente.

Réussir à “se vendre”

Le constat est simple : pour prospérer, il faut des projets. L’exercice du démarchage commercial n’est pas encore totalement naturel. Tendre une carte de visite à l’issue d’un RDV, démarcher efficacement, savoir proposer ses services, détecter des demandes qualifiées, etc …

Tout cela est un vrai métier, à part entière, qui m’est encore en grande partie inconnu. Mais c’est comme tout : cela s’apprend. 

Des “petites” victoires ?

J’appelle “petites victoires” ces événements parfois anodins parfois majeurs, qu’ils soient pros ou personnels qui me font me sentir fier du chemin parcouru.

C’est cet élan qui vous fait vous dire “je suis sur la bonne route” ou que “les planètes sont alignées”.

Difficile de détailler l’ensemble des petites victoires acquises durant ce premier trimestre, mais en voici certaines de taille.

Se parer d’une identité visuelle

Un projet durant lequel je me suis rendu compte que je pouvais être mon pire client. Et pourtant, après des semaines, j’ai mis en ligne une version de mon site vitrine capable d’endosser les améliorations successives que j’ai prévu pour la suite.

Les premiers retours sont bons. L’audience en revanche, peut encore largement progresser.

Combattre les idées reçues

Idée reçue #1 : devenir indépendant, c’est se lancer dans une aventure en solitaire.

En vérité, pas uniquement. Je me suis rendu compte que mes premiers contacts professionnels intéressants sont venus de mon entourage, qu’il soit un ancien collègue, de la famille, ou par des recommandations. 

Je me suis régulièrement dit que si cette aventure avait une chance de réussir, c’est parce que j’ai eu la bonne intuition en attendant de faire mes armes (et constituer mon réseau), avant de relever ce défi d’ampleur.

Une victoire majeure : transmettre

En parlant de défi, il y en a un qui me tenait à cœur depuis longtemps : transmettre.

L’opportunité s’est présentée bien plus vite que je l’imaginais : animer un workshop complet en abordant des thématiques qui me sont chères, auprès des Masters 1 en Webdesign de l’ECV Digital.

J’aurai l’occasion de détailler plus longuement cette expérience lors d’un billet dédié. C’est probablement la victoire que je retiens pour ce trimestre, car elle s’inscrit totalement dans la recherche de sens que je veux donner à mon activité.

La suite ? je vous donne RDV en 2019 dans le prochain billet “bilan” pour la découvrir.

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